Le décalage selon Lorànt Deutsch

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Il y a quelques jours, j’ai assisté à mon premier TEDx à Reims sur le thème de « Décalé », dont un des speakers était Lorànt Deutsch. Quel speaker !

J’avoue que j’ai été transporté par sa fougue, sa curiosité, son intuition de l’histoire, de notre histoire de France, et des petites histoires. Selon lui, « les manuels d’histoire peuvent nous aider à mieux décrypter notre imaginaire ». Car, la mythologie de l’Illiade ou encore l’Empire napoléonien, ces épopées forgent nos rêves d’enfant, à cheval pour tuer un cyclope ou encore mener des batailles avec nos petits soldats de plomb…

Si je m’en tiens à ses mots, la curiosité est une qualité, en particulier « être curieux de tout, sur tout, vouloir lever le voile sur toutes les ombres autour de nous. La réalité part des légendes ». Savez-vous pourquoi le nom de votre rue a ce nom ?

Lorànt Deutsch continue à débiter ses inspirations, les mots sortent à toute allure et la salle galope dans les rues de Reims à l’arrivée des rois venant se faire couronner à la cathédrale…

Être curieux, c’est rendre la réalité plus éclairée, une réalité « augmentée ». Le terme « réalité augmentée » prend un autre sens qui inspire et pousse à la réflexion. La technologie parle de « réalité augmentée », quand d’une feuille de papier s’extirpe un bâtiment. Pour la curiosité, la recherche des petites histoires, la feuille de papier qui nous sert de support de lecture dans les manuels, devient le terrain d’une aventure, celle de notre vie, notre rue ou encore la Grande Histoire. En écrivant cet article, je repense à mes dernières lectures et en particulier à « La Nuit de Lampedusa » de Daniel Picouli, une histoire à côté de l’Histoire qui a fait l’Histoire.

Lorànt Deutsch va encore plus loin : l’histoire devient l’égale de la philosophie à son avis. « Cultiver ses pourquoi, c’est aussi lutter contre la mort », conclue Lorànt Deutsch. C’est radical, non ?

Et quand on y repense, il n’a peut-être pas forcément tort. En particulier, avec la perspective des livres d’Erik Orsenna : « La grammaire est une chanson douce », « Les Chevaliers du subjonctif », « La révolte des accents », « Et si on dansait ? » et « La Fabrique des mots ». Poser des mots sur le sens, le pourquoi de chaque chose, le nom des rues, la géographie de nos villes, la localisation de telle cité ou encore le quadrillage des voies ferrées… Bref, comme l’a souligné Lorànt Deutsch pendant la soirée, « les mots sont des monuments dans nos bouches. »

Je pars d’un retour sur un TEDx pour réfléchir à la philosophie des mots, à l’Histoire, à la réalité qui nous entoure. Au final, être curieux de tout, ce n’est pas si décalé que ça, non ?

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